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Une plaque pour la mémoire de la Reconstruction

Vendredi 03 avril 2026, la commune de Rives-en-Seine a dévoilé une plaque commémorative sur une maison emblématique de Caudebec-en-Caux : celle où a été posée la toute première pierre de la Reconstruction de la ville, dans la rue Aristide Cauchois.

En présence d’une vingtaine d’invités, parmi lesquels les actuels propriétaires, mais aussi des descendants des premiers occupants et certains des derniers témoins de cette époque (Janine Laveille, Jean-Jacques Saussay et Rémi Legay), la cérémonie a permis de raviver la mémoire de la Reconstruction, profondément inscrite dans l’histoire de Caudebec-en-Caux.

Après le dévoilement de la plaque, le maire Bastien Coriton et Alain Huon, photographe et spécialiste de l’histoire locale, ont retracé les grandes lignes de cette période charnière, et rappelé notamment que la commune a obtenu le label « Patrimoine de la Reconstruction en Normandie » de la Région Normandie en 2024, une reconnaissance pour le travail de valorisation entrepris.

L’événement se tenait dans le hall du cinéma Le Paris, lui-même édifice emblématique de la Reconstruction, qui célèbrera cette année ses 70 ans.

Plusieurs rares clichés d’époque, apportés par Alain Huon, illustraient la physionomie de la ville au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La Reconstruction, un tournant majeur pour la commune

Rappel des faits : le 9 juin 1940, un incendie provoqué par des bombardements allemands détruit en quelques heures près de 80 % du centre urbain de Caudebec-en-Caux, laissant plus de 500 familles sinistrées. Face à l’urgence, il faut reloger, reconstruire et relancer l’activité économique.

Sous l’impulsion du maire de l’époque, Maurice Collet, un concours d’architectes est lancé. André Robinne propose d’abord un plan respectueux du tissu urbain médiéval, répondant aux attentes des habitants. Mais en 1947, Otello Zavaroni est nommé architecte en chef de la reconstruction et oriente progressivement la ville vers une approche plus moderne.

Le 2 octobre 1949, la première pierre est posée, le jour même où la commune reçoit la Croix de Guerre.

En 1953, un nouveau plan d’urbanisme, plus fonctionnel et économique, est adopté pour faire face aux contraintes financières et à l’urgence du relogement.

Cette double influence donne naissance au paysage urbain singulier de Caudebec-en-Caux, où cohabitent un style traditionnel et une architecture plus innovante, caractéristique de l’après-guerre.

Un patrimoine vivant valorisé…

Parmi les réalisations marquantes, l’îlot « Banane », conçu par Zavaroni, incarne la modernité de cette période. Parallèlement, les quais de Seine sont réaménagés dès 1951 pour s’adapter à l’essor de l’automobile, tandis que des cheminements piétons sont créés grâce à la mise en valeur des rivières.

Alain Huon, président des Cartophiles Caudebecquais, avait apporté l’ouvrage de Frédéric Marchais « Reconstruire Caudebec-en-Caux, 1940-1962 » consacré à cette période (aujourd’hui épuisé), édité par son association et primé à plusieurs reprises.

Aujourd’hui, la commune poursuit ce travail de valorisation : ravalement des façades, aménagements urbains, balades commentées et expositions contribuent à faire vivre ce patrimoine. En partenariat avec le Parc naturel régional des boucles de la Seine normande, un chapitre dédié à la Reconstruction a été ajouté à l’ouvrage « Rives-en-Seine », aboutissement de l’inventaire croisé des patrimoines de la commune.

Dans quelques semaines, habitants et touristes pourront découvrir le nouveau totem dédié à la Reconstruction, intégré au circuit du patrimoine de Caudebec-en-Caux en cours de rénovation.

… à connaître pour mieux comprendre

En choisissant de poser cette plaque symbolique, la commune entend offrir des repères visibles dans l’espace public. L’idée est de permettre aux habitants comme aux visiteurs de prendre conscience de cette période marquante de l’histoire.

 

Au détour d’une promenade dans les rues de Caudebec-en-Caux, chacun pourra prendre conscience de l’histoire qui a façonné la commune, et mesurer combien la Reconstruction reste un héritage vivant.
Article publié le mardi 7 avril 2026

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